| Laurent Gaudé : Ouragan (Actes Sud) Un roman puissant, apocalyptique. Comme le cyclone qui submerge la Nouvelle Orléans. A travers différents personnages qui luttent pour survivre, Laurent Gaudé brosse le portait d'une population noire laissée en marge de la croissance, mais animée d'une force de vie irrésistible. Joséphine, « vieille négresse centenaire » mène la résistance : depuis toujours, elle a lutté, revendiqué, cette fois, elle refuse de quitter sa maison. Des prisonniers abandonnés dans leur geôle envahie par les eaux réussissent à se libérer, semant la panique sur leur passage. Keanu, un homme détruit par la mort de ses camarades sur une plate-forme pétrolière, essaie de retrouver son amour de jeunesse, en remontant le convoi de réfugiés qui fuient la ville. Un pasteur illuminé joue les anges de l'Apocalypse. Et Rose cherche son fils. Narration par courts chapitres, les destins se croisent, l'intrigue est soutenue. Après le vent annonciateur, la tempête se déchaine, les eaux montent, recouvrant peu à peu tous les quartiers. Les digues cèdent. Les hommes sont emportés. Et le paroxysme est atteint avec l'arrivée massive des alligators, portés par les eaux. Nicole Cordier |
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| Milan Kundera: La Lenteur (Gallimard, 1995)
Un coup de cœur fait-il une rencontre ? Un désamour ? Parce qu'on passerait d'un coup de cœur à l'autre sans approfondir ? Quand on lit un roman de Milan Kundera, L'Immortalité (1990), L'Identité (1997), L'Ignorance (2003), on reste un peu désarmé pour le raconter. Il est celui qui crée des personnages, leur attribue un vécu, des sentiments, tout en étant celui qui en fait le commentaire. Et souvent sa pensée va de-ci, de-là, on le pense égaré, il revient à ses thèmes, ceux que la littérature explore depuis des siècles : l'amour et ses transformations, le temps et la perception qu'on en a avec la mort, le rapport à notre identité, à celle de l'autre, nos idéaux et nos petits arrangements humains... Josiane Bataillard, janvier 2011 |
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| Duong Thu Huong:Terre des oublis (Sabine Wespieser éditeur)
« Terre des oublis » immerge le lecteur dans une culture complètement inconnue où le devoir se place devant la liberté et le choix. Très vite on s'attache : à la terre d'abord, à ce petit hameau décrit avec amour. On passe de la description bucolique : collines vertes et des petits rus qui serpentent sur le flan des montagnes, à la guerre, des souvenirs de survivants, des images troubles, dures. Une guerre finie, mais qui se poursuit dans le personnage de Bôn. Thu Huong montre sans les expliquer, les violences vaines qui ont touché son pays. Le personnage de Bôn est un homme égoïste et malade, pitoyable et pauvre. A l'opposé se trouve Hoan, trop gentil, trop poli, trop parfait, ... Son expérience du monde sale et inhumain de la prostitution ne le corrompt pas. Entre les deux, il y a Mién, belle, fière et peureuse, perdue entre les traditions et l'amour, parfois pathétique et ridicule. Il y a, enfin, l'héritage, l'enfant... obsessions du soldat qui sait que sa vie est finie et qui veut la préserver avec un fils.
Agnès HUBSCHER mars 2011 |
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| Quai d'Orsay : chroniques diplomatiques/ Balin & Lanzac.- Dargaud
Agnès HUBSCHER avril 2011 |
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